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CHAMPIONNAT SUISSE D’ORTHOGRAPHE Demi-finale Genève, Salon du Livre le 25.04.2009 Dictée 2009
Messieurs,
Pourquoi le cèlerais-je? L'annonce parue dans le bihebdomadaire "L'écho des quenottes" a retenu toute mon attention. La fonction de déléguée itinérante à la prophylaxie dentaire scolaire dans le Nord vaudois m'intéresse vivement. Les dents dont la nature nous a généreusement pourvus sont, nul ne l'ignore, l'auxiliaire du mangeur et leur rôle dans la manducation ne saurait être minimisé. Depuis ma naissance, j'évolue avec aisance dans l'univers fascinant de l'odontologie. En effet, comme le Roi-Soleil, je suis née munie de deux incisives, montrant ainsi une avidité précoce dont ma mère souffrit sans qu'on l'entendît jamais se plaindre. Plus tard, j'ai connu les affres d'un appareil dont l'orthodontie, dans sa sollicitude, a cru bon de me doter moyennant finances. Endurant actuellement le martyre à cause d'une pyorrhée dentaire, je sais les conséquences d'une hygiène buccale négligée. (Fin de la dictée des juniors) Aussi entretiens-je avec mon dentiste des rapports quasi quotidiens qui seraient vite devenus ruineux si je n'avais pas eu le réflexe de le prendre comme amant, bien qu'il m'en coûtât, car catarrheux et replet, l'homme de l'art est loin d'être un apollon. J'ose le dire: je me réjouirais de m'adresser à des enfants. Dotée d'un sens aigu de la pédagogie – mon mastiff m'obéit au doigt et à l'œil -, c'est avec enthousiasme que j'initierais notre belle jeunesse aux vertus des fluorures d'amines. Sachez aussi que, par des dons substantiels et réguliers, je parraine deux enfants du tiers(-)monde, des Cinghalais à la denture coruscante. Avouons-le sans ambages, mon élocution impeccable pâtit de quelques défauts de prononciation, oh! bénins, dus à une excroissance de l'os palatal. En raison d'un léger rhotacisme mâtiné d'iotacisme aux effets comiques irrésistibles, certains mots me sont interdits et je suis forcée de recourir à des synonymes approximatifs, qui nuisent certes à la clarté de mon propos, mais ajoutent à mon charme, qui est réel, malgré, et ce n'est pas le moindre de mes appas, un strabisme divergent. Précisons encore que, quels que soient la distance, le temps qu'il fait et celui dont je dispose, je ne me déplace qu'en rollers, ce qui réduit ipso facto mon rayon d'action, mais me vaut une forme physique digne d'éloges. Dans l'espoir…
Marie-Amélie Mingus
P.-S.: Une coxalgie foudroyante ainsi qu'un coccyx fissuré me contraignent sur-le-champ à ne plus briguer ce poste sur lequel, j'en suis sûre, se ruera une meute de jeunes louves… aux dents longues. Francis Klotz sous le contrôle du jury présidé par P. MAYORAZ
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