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FÊTE DU LIVRE - CHAMOSON

CHAMPIONNAT SUISSE D’ORTHOGRAPHE

Dictée 2007

 

ENCORE  UNE  BONNE  NOUVELLE !

 

Rupture ! Oui, le président l’avait promise : il voulait  que dans ce domaine aussi elle se produisît.

Le vote de la loi par les C(c)hambres fit l’effet d’une bombe dans le L(l)anderneau des linguistes, des grammairiens et des philologues. Quelque pertinentes qu’aient pu paraître de telles mesures, quelques grands efforts qu’il fît pour convaincre de leur bien-fondé et toute hardie que fût sa détermination, on n’avait guère osé y croire.

Supprimer l’orthographe, cette hydre abhorrée ! Quelle audace chez cet homme hors pair ! Peu lui importait que les mânes d’Edouard Bled en fussent horrifiés. C’était donc vrai : avec lui tout devenait possible !

Son objectif : réhabiliter l’écriture. Et pour inciter le peuple à écrire plus, il fallait  le libérer de tout complexe. « Ecrire plus pour s’exprimer plus ! » avait-il maintes fois assé(e)né à des auditoires ébahis, n’étant mû que par le désir qu’on chantât encore  davantage ses louanges.

Fini(s) les règles absconses, les listes d’exceptions et le culte de l’étymologie ! ( fin de la dictée des juniors )

Oui, c’en était fini des dictées maculées de rouge ! Fini de la morgue de ceux qui savent ! Fini de l’angoisse devant  la faute possible ! Au rancart les trop subtils accords des participes! Ecrivons au gré de notre fantaisie des mots pris au hasard tels que: argyronète, kinkajou ou…chlorophylle. Ainsi, les sans-faute seront la seule règle. Le rêve !

Du tréfonds du pays montèrent alors, au milieu des vapeurs d’encens, des oh ! pétris d’adulation. Hébétée, l’opposition ne monta pas au créneau. Il y eut bien des bah ! qui furent vite étouffés par les persiflages des thuriféraires en transe et les lazzi(s) des zélateurs en pâmoison devant tant de génie. 

Tous les humiliés, tous ceux qui s’étaient fait recaler à un examen, toutes celles qui s’étaient vu refuser un emploi à cause de leur orthographe relevèrent la tête.  L’ignorance, libérée du pilori, se voyait enfin hissée sur le pavois. Les cancres perdaient certes leur statut, mais exultaient.  Leurs théories brandissant l’effigie laurée du président sillonnèrent  villes et villages. Entre autres manifestations grand-guignolesques, on organisa des autodafés géants de dictionnaires sur les grand(s)-places de tous les chefs-lieux. On y conspua à l’envi la vieille dame honnie du quai de Conti. Un bourricot à la queue duquel on attacha un Larousse fut attifé de nippes vertes et solennellement proclamé membre de l’Académie. La haute couture mit le bonnet d’âne à la mode et  il remplaça le bonnet phrygien sur la tête de Marianne. L’état de grâce continuait…

 

                                                                                                                  F. KLOTZ

                                                                                     sous le contrôle du jury présidé par P. Mayoraz

  

Phrases subsidiaires :

 

1)       On pourra écrire à sa guise des noms tels que : poljé, faldistoire et décri.

2)       Haro sur les petits animaux : les  saumoneaux, les héronneaux et les paonneaux !

 

 

Quelques commentaires sur la correction de la dictée.

 

La dix-huitième édition du championnat suisse d'orthographe a donné lieu à une belle empoignade. Nous en voulons pour preuve le nombre de concurrents qui ont dû être départagés par les phrases subsidiaires.

Mais en ce qui concerne le vainqueur pas de phrases mais seulement quatre fautes à la dictée pour un parcours remarquable et une première victoire après bien des participations. Toutes nos félicitations et à l'année prochaine.

La dictée 2007 comptait peu de mots rares et si nos argyronète et kinkajou ont rempli leur office, recueillant force fautes, Landerneau et le masculin de mânes ne sont pas en reste.

En revanche les oh! et les bah! n'ont pas fait trébucher autant de concurrents qu'attendu.

A relever encore que la mouture 2007 comptait quelques lignes de moins que d'habitude d'où un nombre de fautes inférieur en moyenne.

Le jury vous remercie de votre participation et vous attend pour l'édition 2008.

 

Pierre Mayoraz,

président du jury