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CHAMPIONNAT SUISSE D’ORTHOGRAPHE
Finale du 27 août 2005 : Fête du Livre, Chamoson / Saint-Pierre-de-Clage
FINALE DU CHAMPIONNAT SUISSE D’ORTHOGRAPHE 2005
BIOGRAPHIE
Notre héros naît au mois de nivôse de l’an II de la République des amours ancillaires d’un hobereau tourangeau. Bien en cour auprès du nouveau pouvoir, son père, dans la crainte du qu’en-dira-t-on, se hâte de le mettre en nourrice au fin fond de la campagne beauceronne chez la veuve d’un dinandier, une maîtresse femme, boulotte et mafflue. Le marmot est maigrichon, malingre et maladif. Cependant, mignoté, choyé et gavé, il prospère, croît et s’épanouit. Il a tous les dons physiques et intellectuels. A dix ans, il brise du tranchant de la main deux briques posées de chant. On accourt de vingt lieues à la ronde pour le voir, souple et agile comme un atèle, effectuer une série de roulés-boulés qu’il clôt en braillant la carmagnole de sa voix de fausset. A douze ans, il extrait la racine septième d’un nombre de quinze chiffres en un tournemain. Deux ans plus tard, il transcrit en caractères cyrilliques les premiers chants de l’Iliade et à seize ans, il rencontre Champollion qu’il épate en déchiffrant une inscription tumulaire en akkadien. Entre-temps, il avait appris par cœur les dix mille alexandrins de la Henriade de Voltaire dont il menaçait tout fâcheux de la récitation intégrale. Sous l’Empire, il se bat en duel au pistolet avec un officier de uhlans à qui il avait arraché la buffleterie au cours d’une échauffourée. Début de la dictée des juniors Après la Bérézina - éros et thanatos - il s’énamoure d’une jeunesse vert tendre qu’il enlève à sa famille de moujiks. Nulle mieux qu’elle n’avait su lui mettre le grappin dessus. Comment se sont-ils connus, plu, déchirés et quittés ? Peu nous chaut. Constatons que la beauté slave ne l’envoûte qu’un temps, car elle eût pu dans l’Antiquité sauver le Capitole. On le retrouve en pays letton, perdu dans les débris de la Grande Armée après la retraite de Russie. Il a de l’entregent, du savoir-faire et du toupet. Il monte un commerce de fourrures, élève lui-même ocelots, genettes et zibelines et bientôt il roule carrosse et mène grand train. Il achète un village entier avec les serfs qui vont avec et les affranchit aussitôt. Il fait venir sa nourrice et sa fille qu’il épouse. Il veut un château fort, il l’aura ; ce sera la copie du krak des Chevaliers érigée sur un mamelon qu’il fait exhausser. Sa curiosité se déploie tous azimuts. Fin de la dictée des juniors Il publie à compte d’auteur un mémoire sur le baguage du flamant, finance une campagne archéologique pour retrouver les Tables de la Loi et acquiert à prix d’or d’un aigrefin l’authentique buccin de Néron enfant qu’il expose dans une châsse gardée par un quatuor de mamelouks enturbannés. Il rentre en France et ouvre une manufacture d’objets en jais. Philanthrope, il crée des phalanstères qui cultivent sur des milliers d’hectares scorsonères et bettes géantes pour nourrir les indigents. Il se lance en politique, est nommé pair par le roi, propose à la Chambre la mise hors la loi du paupérisme et meurt à l’âge de trente-six ans, renversé par une draisienne sur les Champs-Elysées. Au Père-Lachaise, devant une foule bigarrée, Victor Hugo saluera un homme polymorphe au génie fécond mais brouillon.
Francis Klotz Avec la caution du jury présidé par P. Mayoraz PHRASES SUBSIDIAIRES : 1) Qu’il pleuviote ou qu’il neigeote, mes cheveux frisottent. 2) Toute pâlotte, maigriotte et vieillotte, mal fagotée avec ma veste de cheviotte, je mangeotte, je grelotte et je tremblote.
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